CollectionsLe miroir de cristal
0161APR-PB-LMC-1DC

Paru le:  30-10-2020

Editeur:  Les éditions Au Pays Rêvé

Isbn:  978-2-919342-71-6

Ean:  9782919342716

Prix:  14 €

Caractéristiques: 
132 pages

Genre:  Littérature générale

Thème:  Romansdegenre

Thèmes associés: 

0161APR-PB-LMC-4DC

Le miroir de cristal

Si un inspecteur enquêtait auprès de son entourage, il obtiendrait le portrait d’un homme discret.

Paule-Brajkovic-NB

Parce qu’elle est née dans une région qui n’existe plus, elle amarre sa vie à tout ce qui l’entoure. Dans sa première vie, elle observe, elle accumule, elle aligne, elle altère, elle barre les mots inutiles, elle collectionne les émotions, elle desserre les freins, elle envisage, elle fissure, elle fragmente, elle déchire, elle jette un coup d’œil, elle éprouve, elle laisse une empreinte, elle murmure, elle libère, elle relâche, elle savoure, elle tient en suspens, elle prend une respiration, elle remue, elle soulève, elle traque, elle tombe parfois. Dans sa première vie, elle livre.

Indifférente. La route est neutre.
Elle charrie son lot de bruit, de mécaniques humaines, de pollution et n’émet aucun avis. D’ailleurs est-ce qu’on lui demande quelque chose?
On dit que la route passe.
Il n’y a pas plus immobile qu’une route.
Ancrée dans son bitume, elle se déroule sans se déplacer. Elle trace un trajet sans voyage. Elle emmène les hommes au bout d’elle-même. Elle pousse au rêve, à l’aventure et nous laisse l’entière responsabilité de nos actes, de nos crimes.

Voici l’histoire d’un homme. C’est une sorte d’ermite d’une quarantaine d’années, un ermite en milieu urbain. Déjà chauve, il se cache derrière une monstrueuse moustache balai-brosse, avalant le peu de mots qui osent la franchir. Des vêtements sombres, sans prétention, Auchan ou Prisunic, recouvrent un dos voûté, volontairement, pour perdre quelques centimètres qui pourraient dépasser de la foule. Il vit dans un immeuble au cachet – petit bourgeois avec ascenseur – mais il prend l’escalier. Pour le sport. Et la solitude aussi, on rencontre peu de monde au fil des marches. Il habite au dernier étage, il a toujours aimé les combles, aménagées ou pas. Et puis survoler la ville du regard, de son corps ne lui déplaît pas. Au dessus de. Il est toujours bon de ne pas s’impliquer. En rien.